Posté le Lundi 18 octobre 2010
Messieurs, Mesdames,
Je, Nude Solaarr, me permets de solliciter votre attention et, peut-être, votre soutien en vue de l’élection présidentielle qui se tiendra au printemps de l’année prochaine et pour laquelle je vous garantis ma parfaite éligibilité, au vu des conditions législatives réglementant les modalités d’élection de la Vème République française.
LUCIDE, je suppose que la prétention d’un inconnu à une fonction aussi haute que la Présidence de la République engendrera légitimement votre méfiance, piquera éventuellement votre curiosité ou provoquera chez certains la raillerie. Certes, j’imagine votre réflexion à cet instant, c’est-à-dire avant même d’avoir pris connaissance de la vision politique que je me propose de défendre : Quelle chance a-t-il d’être élu, lui que personne ne connaît (donc serait-ce un soutien « utile »)? Une Nième candidature mineure ne complexifiera-t-elle pas le choix des électeurs et les négociations de l’entre-deux-tours ? N’aboutira-t-elle pas à l’amenuisement croissant des partis majoritaires, au risque de voir se reproduire un nouveau 21 avril 2002 ? Quel message ce soutien enverra-t-il au sujet de mes propres positionnements ? -- et je ne peux que saluer le sérieux avec lequel vous rendez honneur à vos fonctions d’élus -, mais j’en appelle davantage encore à votre SENS DEMOCRATIQUE ET REPUBLICAIN :
Considérant les taux d’abstention régulièrement élevés, la fluctuation du nombre d’inscrits sur les listes électorales, une alternative droite-gauche qui donne le haut-le-cœur à l’espoir et qui déboussole l’évolution de notre pays, les crises économiques plâtrées par des hommes politiques nationaux qui semblent impuissants à trouver une issue rassurante, la défiance citoyenne face à une classe politique marquée par les « affaires », la faible connaissance des institutions par les citoyens qui renforcent la méfiance précitée dans un fantasme globalisant et s’appliquant à tous les niveaux politiques, et j’en passe car vous connaissez ces tendances aussi bien que moi, l’existence d’une nouvelle figure « issue du peuple », vierge de tout passif polémique, de toute malversation financière ou de toute accointance partisane, est un signal de changement envoyé aux citoyens, d’autant plus fort qu’il ne s’agit pas d’une stratégie d’image engoncée dans des logiques identiques mais bien d’une démarche coïncidente avec un NOUVEL EQUILIBRE DE LA REPRESENTATIVITE. Pour ce, en sus de la pédagogie à l’adresse de la population visant à accompagner l’assainissement des pratiques actuelles et des relations qui en découlent, nous envisageons une réforme des institutions, voire une nouvelle constitution ainsi qu’un maillage territorial plus adéquat.
La France, aussi fière de son passé puisse-t-elle être (malgré quelques faits de son histoire passés sous silence), ne peut trouver un second souffle sans un « DESIR DE SOCIETE » renouvelé. La morosité ambiante est le reflet et l’amorce de cette absence d’engouement. Où sont les grands combats politiques qui engageaient tout un « projet de société » ? Quels sont les grands meneurs qui n’ont pas avorté leur vision passionnée au profit des raisons de partis ? La maladroite consultation sur l’identité nationale, par exemple, comprenait en filigrane cette question, preuve, s’il en faut, que même informulée elle est au cœur des préoccupations auxquelles la classe politique doit se (re)confronter de nos jours. Tel est l’objectif principal vers lequel est orientée notre pensée politique, et que le principe formulé par le philosophe Henri Bergson : « penser en homme d’action et agir en homme de pensée » anime. A ce titre, nous refusons les postures préjugées qui tordent les faits dans le sens d’un finalisme théorique aussi bien que le mécanisme évolutionniste. Autrement dit, nous nous opposons à la mondialisation élevée en argument fataliste, à l’Europe arguée en obstacle de l’élan des populations territoriales, à la reddition politique face à l’ordre économique, aux politiques de la peur et de la gestion de crise, à l’argutie de l’héritage des politiques antérieures pour justifier les difficultés rencontrées, à tous vecteurs de l’immobilisme en somme. Le « désir de société » invoqué replace la souveraineté populaire à la base des décisions et de l’action qui en découle et ne se conçoit réalistement que dans une démarche de responsabilisation collective, à commencer par la classe politique dans son ensemble. Voici donc ce que revêtira votre soutien si vous voulez bien me l’accorder et ressentez ce besoin qui gronde dans le cœur de nos concitoyens : ni révolutionnaire, ni conservateur, je prône donc un simple retour au « BON SENS »… voire au sens, simplement, fondé sur la force de la détermination et des valeurs humaines et sociales.
Pour achever cette présentation et vous démontrer le sérieux de la réflexion présidant à ma candidature, je me permets, en annexe à cette lettre, d’esquisser la forme gouvernementale qui mettrait en œuvre le cadre politique ci-dessus décrit. Celui-ci se composerait de onze Ministères chapeautés par un Premier Ministre aidé par cinq Ministres d’Etat représentant chacun un des grands mouvements politiques de notre pays :
01. Ministère de l’autosuffisance et du bien-être alimentaire. L’agriculture, la pêche, la préservation de tous les milieux de cultures ont toujours été les fondements de toute société humaine. A ce titre, les difficultés, voire les contraintes, que ces nobles travailleurs rencontrent sont inadmissibles et même suicidaires. C’est la raison pour laquelle tout pays devrait être capable de fournir, en fonction de son climat et de ses besoins, une autosuffisance alimentaire pour l’ensemble des citoyens. Je reprends donc à mon compte et dans le cadre de ce ministère, la création d’un lien plus étroit entre producteurs et consommateurs de denrées alimentaires, au travers de marchands urbains de coopératives agricoles ou piscicoles, qui facilitera non seulement le traçage mais aussi un prix juste pour les nécessités alimentaires premières des citoyens.
02. Ministère de l’instruction publique et des sciences. Portant une grande réforme de notre système éducatif, du primaire au supérieur, il aura pour objectif de placer le parcours des individus au centre de son organisation. Parmi d’autres lignes directrices, nous redonnerons à « l’école » une dimension civique en la concevant comme formation légitimée par la figure citoyenne des individus formés, leur découverte et développement d’un parcours personnel et une finalité orientée vers une vision professionnelle réelle. Plus concrètement, pour exemple, les différenciations (absconses) entre formations techniques et formations dites générales n’auront plus lieu, la conception de validation des acquis tablera sur un parcours de « modules » (dont certains obligatoires) qui fera du « redoublement » non plus une redite mais une confortation des modules non-acquis tandis que les autres permettront l’évolution de l’élève, le diplôme sera revalorisé à des fins (premières) de reconnaissance de compétences,… Ce ministère sera également en charge de la recherche et des productions intellectuelles.
03. Ministère de l’égalité des chances sociales. Parce que l’intégration des populations immigrées doit être reconnue par le pays d’accueil et non « prouvée » par les arrivants, parce qu’il existe des situations factuellement très différentes selon les êtres humains, leur provenance sociale et les horizons qui sont alors les leurs, parce que nous ne sommes pas aveugles quant à ce constat et que « l’école » n’est pas le seul support de l’égalité des chances, ce ministère prendra en charge les questions de soutien des initiatives personnelles ou collectives afin de répondre au moins partiellement aux logiques sociologiques de « reproduction sociale » trop prégnantes dans le découragement (d’une partie) de la population. Il ne s’agit en aucun cas d’un assistanat systématique mais bien d’un encouragement, par des procédures et des commissions d’examen de dossiers, pour tout citoyen porteur d’un projet. Par exemple, les populations immigrées se devront, comme aux Etats-Unis, de maîtriser un niveau minimal de la langue française pour leur permettre de se mouvoir en notre pays de manière plus autonome. Les discriminations de tout type sont facilement répréhensibles dans les discours, mais chacune se combat au cas par cas. Le but de ce ministère visera donc à une réflexion suivie d’une action sur la mise en relation entre motivation de chacun et difficultés objectives pour y parvenir.
04. Ministère de l’emploi et des entrepreneurs. Outre ces trois premières lignes de politique générale, la priorité de notre gouvernement, si nous sommes élus, se situera au niveau de l’emploi. La « sécurité », invoquée depuis quelques années comme sujet primordial (en jouant sur le plus bas instinct des êtres humains : la peur) ne trouvera de solution qu’à partir du moment où l’inactivité qui mène à l’ennui et à la nécessité de trouver d’« autres moyens » de subsistance sera amenuisée. Dans une volonté de ne plus opposer « patronat » et « salariés », d’être plus en adéquation avec les réalités économiques (la majeure partie des entreprises étant des PME-PMI) et de restaurer un environnement de travail plus sain, ce ministère chapeautera donc tous les acteurs économiques du « labeur », dont les chômeurs bien trop nombreux font partie. En ce sens, une réflexion sur ce que l’on nomme les « ressources humaines », horrible expression s’il en est, sera menée de manière à ne plus considérer les employés comme une ressource parmi d’autres, gérée au même titre que les rames de papier ou le toner de la photocopieuse pour caricaturer. Dans ce cadre, conscients que le recrutement et la gestion des employés représentent toutefois une part importante des préoccupations et des charges de toute entreprise, nous nous proposons de développer une autre approche de la question, basée sur le fait de « donner sa chance » à chacun (en contrepartie de formations et de réductions de charges patronales envisageables), sur une définition plus précise des fonctions occupées (pour éviter qu’un employé soit sur-utilisé ou corvéable, car à l’heure actuelle, ceux qui ont l’heur d’être employés sont pressurisés, stressés et trop souvent réduits en palliatifs d’un manque de personnel), sur une nouvelle obligation d’évaluation et d’évolution du carrière effectué avec en fond des possibilités de recours des salariés, par médiation, qui rompent avec leur isolement (hors syndicats et comités d’entreprise),… L’optique visée par ce ministère consistera donc à justifier de part et d’autre de logiques assainies à l’intérieur des entreprises renouvelant la motivation-moteur de toute activité.
05. Ministère de la justice républicaine. Ce ministère élargi devra nécessairement être sous-divisé puisqu’il comprendra toute la chaîne : du maintien de la paix sociale au système carcéral, de la reconnaissance des faits à la réparation, en passant bien évidemment par le jugement des actes répréhensibles. La police, l’administration pénitentiaire, l’administration des Sceaux seront donc chapeautés par un même ministère de manière à ce qu’il y ait une cohérence plus évidente (et non plus divisionnaire) dans le cheminement de la justice sociale. L’action policière, plus précisément, se doit, dans cette conception, d’être le symbole de la présence de la justice étatique auprès des citoyens. Nous reviendrons donc à une police de proximité à qui nous donnerons les moyens de répondre proportionnellement aux actes qu’ils auront à gérer. A la fois interlocuteurs et interventionnels, contrôlés par ailleurs à la fois de manière interne et par des médiateurs locaux, les policiers ne devraient plus être soumis aux lourdeurs administratives qui infléchissent leurs actions (et notamment pour les actes mineurs). Pour faire suite à cette action de terrain (à laquelle une formation basée sur une réflexion menée préalablement de manière conjointe avec ces représentants de l’ordre), une grande réflexion sera menée sur les avantages et objectifs du système répressif. Les prisons, surchargées, accueillent un certain nombre de personnes pour lesquelles un simple éloignement (avec travail à intérêt général, à l’international ou dans d’autres départements français) et un suivi psychologique à but pédagogique seraient plus efficients. Cette surcharge vide inversement de sa substance l’action que devrait mener cette institution sur les êtres humains qui y sont enfermés. Ainsi, les juges verront accroître la palette de sanctions à leur disposition pour juger au mieux et en raison d’un contexte précis les individus dont les actes seront amenés à leur connaissance. En tout cas, ce ministère sera fondé sur la réflexion de « l’utilité » de ses décisions au vu des effets escomptés. Aucune sanction ne doit se banaliser, telle est notre ligne directrice, celle d’un assainissement social dont seule peut émerger la « sécurité », tant préemptée depuis des années.
06. Ministère de l’administration publique. Dans la même perspective que précédemment, l’administration publique doit retrouver son étymologie. Il s’agit de « services aux citoyens » et non d’une nébuleuse ressentie comme pyramide de « petits chefs » assise sur du personnel sans pouvoir, au nom de règles mal-comprises. Le singulier utilisé pour la dénomination de ce ministère s’inspire de cette règle fondamentale. L’administration, quels que soient ses multiples services et fonctions, est une dans sa finalité : mailler le territoire au plus près des besoins et des spécificités locales de manière à garder un contact constant avec la population et lui faciliter les démarches. Il est, dans ce cadre, inadmissible que chaque visite à La Poste, à la préfecture, au Pôle Emploi, par exemple, soit récompensée par une attente interminable et des réponses floues ou automatisées. La faute n’en incombe nullement aux fonctionnaires mais bien à une perte du « sens du service » au profit d’une productivité inadéquate pour ces services, d’une complexification croissante des procédures, d’une centralisation des règles parfois déconnectées des besoins réels des administrés. Garante de l’officialité républicaine, l’administration publique ne doit certes pas non plus se fourvoyer dans un « cas par cas » inique mais l’écoute du personnel en contact de la population et la remontée des informations et difficultés rencontrées, voire de la prise en compte de situations particulières, doivent se faire plus régulières. Pour synthétiser, il faut redonner une dynamique à notre pays à laquelle les lourdeurs administratives font défaut. De même, l’Etat, personne morale bien vague pour les citoyens au quotidien, doit justifier sa présence autrement que par son caractère seulement autoritaire. Telles sont les clés d’une nouvelle culture citoyenne. Pour ce faire, nous proposons, dans le cadre de ce ministère un programme de réflexion et d’installation d’un cadre de communication inter-institutions (comprenant également les collectivités locales). L’idée est de fourmiller de propositions, de rompre avec la communication unilatérale pour instaurer des échanges horizontaux et verticaux obligatoires et salutaires à la prise en compte globale de tous les « éléments » de notre système institutionnel et ce, quel que soit la distance qui les sépare. Il ne s’agit pas de « valider » telle ou telle décision mais d’instaurer ainsi une veille sur les opérations menées en fonction de spécificités locales ou conjoncturelles de manière à constituer un vivier d’idées qui devront être évaluées. L’intérêt consiste à ne pas « isoler » les dirigeants (chacun son « pré carré ») et, ainsi, de susciter de réels débats démocratiques et une vision plus claire des tendances générales appliquées. Combien de fois ai-je entendu des élus ou des membres de collectivités s’interroger sur le bien-fondé de telle ou telle institution ? Combien de fois ai-je entendu se répéter en de multiples lieux les mêmes doutes ? Diviser pour mieux régner est le fait du prince ; (S’)informer et échanger, celui du décideur politique avisé !
07. Ministère de la gestion des fonds publics et de l’économie nationale. N’étant pas un économiste pointu (la transparence oblige aussi à avouer ses limites et s’en remettre à des personnes plus compétentes), je ne m’aventurerais pas dans une description précise de ce ministère et m’en remettrai, si cela les intéresse, à des économistes tels que Frédéric Lordon, par exemple. En revanche, notre ligne de mire visera en premier lieu cette dette publique structurelle, insoutenable et qui « s’emballe ». A titre de rappel, la charge de la dette (le paiement des seuls intérêts) équivaut au montant collecté par l’impôt sur le revenu : les travailleurs ont-ils à supporter le poids de logiques auxquelles ils n’ont pas souscrits ? Notre réponse est négative. Ainsi, avec un service de la dette (le paiement annuel des échéances du capital plus les intérêts des emprunts souscrits) aussi élevé, l’immobilisme budgétaire, les jeux d’écriture comptable et l’augmentation constante du poids de l’impôt sur les contribuables (sans la contrepartie de l’investissement… installant une sorte de double peine : impôts et coupe budgétaire sur les prestations étatiques) sont les seuls mécanismes proposés. Mais, structurellement, rien n’est efficient : aux mêmes causes, les mêmes effets. Pour exemple, les privatisations qui réduisent temporairement le montant des déficits et de la dette ont pour réelle conséquence l’appauvrissement du patrimoine de l’État, sans pour autant régler en quoi que ce soit la question. La réalité est la suivante : près de 60 % de la dette de l’État français est détenue par des non-résidents (entreprises et ménages étrangers, qui plus est aux deux tiers non originaires de l’UE). Quant aux 40% restants, la quasi-totalité est détenue par ou au sein de contrats d’assurances, d’Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) ou des établissements de crédit, soit ce pouvoir actionnarial composé par un groupe allongé et étiré de médiateurs financiers entre les petits actionnaires et les entreprises pressurisées par ces médiateurs, dans ce nouveau rapport de forces, sous leurs injonctions de rentabilité financière. Nous envisageons donc de repenser ces médiations et de les reconstituer, en repensant le capital non plus seulement comme instrument technique de financement mais sous la forme d’un rapport social, car les apporteurs de « machines » ne peuvent pas plus se passer des apporteurs de force de travail que l’inverse. Plus concrètement, pour cisailler à la base toutes les incitations négatives en provenance des actionnaires (à des fins de rendement des capitaux toujours croissant et ce, sans limite), nous pensons instaurer un niveau réglementaire maximum de rentabilité autorisée pour les actionnaires. Tout dépassement de ce plafond sera alors objet d’un prélèvement confiscatoire intégral. D’autre part, nous mènerons une réflexion sur l’utilité de la Bourse et sur le rôle des banques, sans rien exclure, de la fermeture de la première à la nationalisation des secondes. Ainsi, ce Ministère accomplira une réelle charge de revitalisation de l’Etat social. Aussi répandue soit l’idéologie néolibérale, aussi preneuse d’otages soit-elle (ce qui explique que les crises et les « chocs » dus à sa déréglementation la renforcent au lieu de l’amenuiser), aussi faussement consensuelle soit-elle, nous pouvons agir politiquement sur le monde économique. Plus qu’une possibilité, c’est une nécessité et même une condition pour réinstaurer la puissance publique, notamment au travers d’une meilleure redistribution fiscale (qui aux côtés de l’instruction et du sens citoyen est le dernier fondement d’une société démocratique). Pour parfaire cette action d’assainissement et de ré équilibrage, nous mettrons bien évidemment la question de la répartition fiscale au centre nos réflexions… sans développer ici plus avant la question étant donné l’évolution annuelle qu’elle implique.
08. Ministère de l’environnement citoyen et des affaires sociales. Ainsi que votre sens analytique a pu vous le souffler, les titres donnés aux ministères envisagés sont assez révélateurs de nos ambitions : notre politique est totalement orientée vers ce à quoi elle est initialement destinée, à savoir l’organisation de la « polis » ou cité, éminemment sociale par nature. A destination des citoyens qui composent cette cité, nous dédicaçons un ministère qui s’occupera de leur « environnement », certes écologique mais aussi et surtout de tout ce que qui se relie à « l’ambiance » : aménagements urbains, logements, lieux de vie, moyens mis à sa disposition pour y accéder, infrastructures et prestations qu’ils y trouveront,… Ce ministère aura donc pour charge d’aider les collectivités locales à une évaluation des besoins et de leur financement pour mieux les inscrire dans une perspective coordonnée sur l’ensemble d’un territoire. Ce ministère sera donc en quelque sorte le pendant de ce qui existera comme échanges communicationnels au sein de l’administration et ses orientations, mais du point de vue des infrastructures, servira ainsi de coordinateur inter-affaires sociales, car nous pensons que toute réduction d’une de ses affaires sociales à un ministère spécifique n’est que coup de communication (en fonction d’enjeux médiatisés) qui ne produit que des résultats partiaux et imparfaits. D’un objet relativement flou, large quant à ses enjeux et même voué à élargir ses compétences, ce ministère n’en reste par conséquent pas moins essentiel. Il est le premier des ministères qui viendra en renfort d’un autre ministère sur des questions plus précises, à la manière de commissions, avec le surcroît de légitimité qu’une vue d’ensemble octroie.
09. Ministre de la santé (et des sports). Dans cette même veine des ministères dits « complémentaires » (mais non subordonnés, nous insistons dessus), le ministère de la santé (et des sports) aura pour charge les domaines fondamentaux de la sécurité sociale et de ses comptes spécifiques (avec contrôle plus poussé des acteurs du secteur), de l’offre de soins (complétée par les contrôles réguliers de la vue, par les soins dentaires, par le dépistage régulier de maladies,…), des campagnes de prévention et d’hygiène corporelle et physique,… Il travaillera étroitement, en qualité de conseil, avec le ministère de l’autosuffisance et du bien-être alimentaire pour une connaissance des effets des productions sur la santé, et avec le ministère de l’emploi et des entrepreneurs en ce qui concerne la santé au travail (stress, conditions de travail,…). Ministère classique, il aura aussi pour charge d’aborder les questions de l’équipement purement sportif (en concordat avec le ministère de l’environnement citoyen) comme les gymnases, les salles de sport, les centres de remises en forme et autres structures d’accueil à vocation professionnelle. Ainsi, ce ministère sera amené à collaborer également avec celui de l’instruction pour les formations de sport-études. Et dans cette perspective professionnelle du sport, il sera également en charge des questions relatives à ces carrières (de l’assainissement anti-dopage à celui des salaires et du nivellement de ceux-ci) et du suivi post-carrière des sportifs professionnels comme des employés d’autres secteurs dont l’activité aurait eu des conséquences sanitaires (ce qui permettra de soutenir les actions de ceux qui souhaiteraient indemnités).
10. Ministère des cultures, des arts et de la diversité médiatique. De même que nous refusons un « Ministère de la jeunesse et des sports » parce que, premièrement, nous ne croyons pas que le sport soit l’apanage de la jeunesse (ce que cette appellation sous-entend) et, deuxièmement, parce que cette nomination nous fait penser (plus ou moins insidieusement) à un ministère de canalisation de l’énergie, le ministère des cultures et des arts comprend en son titre un pluriel car nous comptons soutenir non plus UNE « culture légitime » mais encourager la diversité des initiatives et aussi, de cette manière, représenter celle qui existe en notre société. Le déni de LA culture, unique, renvoie nécessairement à la question de la pensée unique qu’une exposition médiatique trop globalement uniforme renforce. Telles sont les raisons de ce grand ministère de la liberté d’expression. Acteur de l’industrie culturelle et pigiste durant ma carrière, je ne connais que trop bien les logiques déviantes de ces secteurs d’activité et l’isolement dans lequel se trouvent leurs acteurs. La liste n’est pas exhaustive mais pêle-mêle, nous pouvons citer : les subventions mal-réparties confinant à la gabegie et octroyées par des commissions-réseaux, la focalisation médiatique (à outrance, parfois) sur une infime minorité de l’offre artistique, le renversement des rôles entre émetteurs médiatiques (prescripteurs initialement) et spectateurs par le truchement d’un audimat-preneur d’otages (parmi lesquels la créativité, la diversité, la prise de risques et la visibilité), les rémunérations souvent dérisoires (couvrant même à peine les frais dégagés pour la date), flottantes et non déclarées (sous peine de purement et simplement impossible la scène prévue), la dévalorisation de la culture au profit des logiques du marché assujettissantes enchevêtrées avec la montée en puissance de la gratuité (impensable s’agissant d’un travail réel), réduction du temps de maturation (des articles ou des œuvres) en raison d’un rythme toujours plus poussé au détriment de l’affinement du fond,… Et nous pourrions ainsi continuer sur plusieurs pages. Inspirés par la pensée de Boris Vian, nous ne pensons pas que le « public » soit réfractaire à la nouveauté et à la découverte. Encore faut-il (et les modules culturels de l’instruction publique y répondront en partie) qu’un service de qualité, en fonction de ses intérêts (variés), lui soit accessible. Ainsi, nous travaillerons, dans le cadre de ce ministère, à une refonte des relations entre les différents maillons des chaînes de diffusion de toute idée pour mieux les encadrer et, parce que n’est pas contraire, leur redonner force et ligne éditoriale. Comme ceci ne peut passer par la contrainte (hormis quant aux objectifs visés), nous proposerons après consultation orientée et réflexion une réelle charte déontologique à laquelle sera soumis l’ensemble des acteurs de ces secteurs sous peine d’amendes élevées.
11. Ministère de la protection des civils. Le volet international complétera définitivement notre gouvernement. Nous le plaçons sous le sceau de la protection des civils pour une raison simple : plus influencés par Léon Duguit que par Maurice Hauriou, nous concevons la souveraineté nationale assise sur une souveraineté populaire éclairée qui rend ainsi obsolète une « raison d’Etat » opposable. Comme tel ne fut pas toujours le cas, nous projetons (comme dans la législation intérieure, d’ailleurs) une remise à plat de l’ensemble des traités signés (pouvant conduire à leur renégociation ou à leur dénonciation et engageant, de fait, d’autres Etats à un même mouvement). Pour se faire, nous retiendrons quelques critères simples dont la pertinence de la diversité des engagements (multilatéraux ou interétatiques), leur cohérence au vu de la protection des civils et l’évaluation de leur application. En effet, ces engagements internationaux ayant une valeur supranationale et la mondialisation économique étant présentée comme nouvel ordre économique indéfectible (et moteur de l’ouverture des frontières pour faciliter le libre-échange), ce poids extranational pèse lourdement sur un fatalisme ambiant qui s’en use comme d’un épouvantail liant pieds et poings des dirigeants. L’Union européenne (économique) et les débats sur sa constitution nous ont offert un exemple typique de cet état de fait. Nous ne sommes pas anti-européens mais comprenons la défiance de nos concitoyens par rapport à elle lorsqu’on invoque cette belle idée pour pressuriser et diriger notre agriculture, pour expliquer que les citoyens ne sont pas libres de choisir leur voie, le régime économique qu’ils souhaitent réellement, les législations qui leur conviendrait le mieux,… Tout ceci donne l’impression que leurs voix ne sont plus vraiment écoutées, qu’ils sont ainsi spoliés de leur propre destinée. En renfort de ce sentiment, les services de renseignement général et l’armée ressemblent à un Big Brother, maintenant la population sous contrôle (en s’établissant contre elle ou en ligne de partage entre « ceux qui ont quelque chose à se reprocher » et les autres), alors que leur mission première est surtout le maintien de la sécurité de tous. Notre position est donc de créer, via ce ministère et son action, une protection palpable qui affranchisse en toute franchise les citoyens de leurs recours contre les dysfonctionnements étatiques et qui réoriente les activités des services généraux également vers l’Etat. Quant à l’armée, trop souvent considérée comme le valet de la puissance publique, serviteur grand muet à la Bernardo, dans un contexte où la guerre ne sert plus qu’à un impérialisme économique et où toute attaque contre le territoire sera de toute manière annihilatrice, nous lui réservons un rôle plus sociétal : l’armée ne sera plus un palliatif de crise mais bien un acteur de l’ordre public (et nous ne pensons pas ici à la répression de révoltes populaires mais bien aux stratégies, valeurs et entrainements qu’elle a affiné au fil des siècles et qui serviront tant à une rééducation des personnes déviantes qu’à une réponse proportionnée pour libérer les concitoyens pris en otages par des « situations » comme des émeutes sauvages ou face à des « zones de non-droit » (pour reprendre une expression journalistique que nous réfutons). L’armée deviendra donc un acteur à la fois international et national de toute intervention dès lors que le ministère de la justice verra son action rendue inappropriée. A charge pour les citoyens donc de ne pas donner raison à son intervention par des actes qui, dans le cadre de la politique que nous proposons, auront toutes les armes institutionnelles, cognitives et comportementales pour asseoir une vie apaisée.
Messieurs, Mesdames, veuillez m’excuser pour la longueur de cette exposition mais je me devais de vous compenser mon anonymat initial et le soupçon fantaisiste qui en découle par une démonstration plus précise des directives politiques que je vous invite à prendre, sans que cela soit arrêté, je tiens à le préciser. D’ailleurs, avec votre soutien, si vous me l’accordez, je vous invite à me joindre vos questions, objections et propositions afin d’appliquer à mon équipe les principes que j’ai défendus ici auprès de vous. Aussi, je conclurai sur cette dernière clarification : CONSCIENT que mon projet ne convaincra pas unanimement, qu’il nécessitera sans doute un effort important pour sortir des schémas classiques et que l’hésitation est pleinement légitime, ayez désormais à votre tour conscience qu’il existe d’autres voies viables et que plus le temps passe et plus le verrouillage s’opèrera. Donnons-nous le choix ! Derrière toute construction réside la main de l’homme. Je vous tends aujourd’hui la mienne pour redonner un souffle nouveau à notre pays, le revitaliser en offrant un horizon motivant à nos actions.
Avec mes sentiments les plus distingués et ma plus grande sincérité.
Nude Solaarr







